Un nouvel été s’annonce et un nouveau choix d’îles grecques se fait. Cette année nous changeons les habitudes et décidons de partir en Grèce… en van. Afin de ne pas trop imposer de route aux enfants nous décidons de couper la route en prenant un ferry en Italie. La destination vient donc tout naturellement, nous irons dans les îles les plus « faciles » d’accès, les îles ioniennes. De Lille nous passons par la Belgique, le Luxembourg, crochet en France puis atteignons la Suisse où nous passerons notre première nuit sous la pluie et l’orage!
Ensuite nous reprenons la route jusqu’en Italie où nous arrêterons deux jours dans la magnifique ville de Florence. Puis nous atteignons Fano, dans la région de Marche, où nous y avons des amis. Notre route continue vers la jolie ville d’Ancône où nous prenons un ferry, réservé au préalable sur le site greekferries pour un tarif très raisonnable. Camping un peu éloigné mais avec vue imprenable sur Florence Panoramico fiesole :
Florence, Firenze :
Ferry « Anek Lines » Ancône- Igoumenitsa:
Leucade, Lefkada, Λευκάδα
Le ferry au départ d’Ancône en Italie nous emmène après vingt heures de navigation dans la ville d’Igoumenitsa en Grèce. Les ferry sont bien équipés, restaurants, boutiques, discothèque, salons, et même cabines avec lits pour ceux désirants plus de confort. Nous avions choisi l’option la plus économique « deck » (pont) et il vaut mieux emporter son nécessaire de camping et se trouver un endroit au calme pour y passer la nuit… Deux fauteuils et un coin de sol feront office de chambre à coucher, lumière allumée toute la nuit en prime! Ce n’est vraiment pas confort, la prochaine fois on changera de tactique! Il faut savoir que pris à l’avance, il existe des billets « camping » qui permettent aux personnes voyageant en van de dormir dans leur véhicule dans un espace qui leur est dédié sur le pont! L’arrivée à Igoumenitsa au petit matin est un véritable bonheur… enfin la Grèce! Nous décidons de rejoindre directement notre première île, la seule reliée au continent par un pont, Leucade. En à peine 1h30 nous voici arrivés. La première impression est assez mitigée… beaucoup de monde, beaucoup de voitures… qu’à ne cela tienne, direction un camping situé tout au sud de l’île à plus d’une heure de la capitale: Poros beach. Confortable, en bord de mer et muni d’une très jolie piscine au calme. Mais quelle déconvenue! Nous sommes tombés le week-end du 15 août, férié pour les grecs, et le mois de congés des italiens, les principaux touristes de l’île. Je dois avouer que c’est la première fois où nous nous trouvons confrontés à cette masse de touristes…chaque années nous partons à la même période mais jamais nous n’avions eu affaire à une telle affluence… Les uns sur les autres dans le camping, des plages inondées de transats et de parasols qui ne laissent même pas apercevoir la beauté du site, je suis anéantie ! L’idée est de fuir au plus vite ces plages et de trouver une crique, un coin de tranquillité…qui ne se montrera jamais. Bouchons inimaginables dans les petits chemins menant aux plages, parkings et routes bondées, villages envahis, nous étouffons…
Pourtant la beauté des lieux est là, nous observons une île montagneuse , rocailleuse et verte qui possède des plages de rêve aux eaux cristallines. La majorité des habitants possède des ruches et vends son miel à chaque intersection, les oliviers pullulent et il est aisé de s’arrêter acheter de l’huile à même la cuve… Bref cette petite île regorge de petits trésors mais nous sommes indéniablement tombés à la mauvaise période… Nous décidons très vite, au bout de deux jours de la quitter au plus vite, à regret… Sur le port de Nydri nous trouvons une petite cabane où l’on vend des billets de ferry pour Céphalonie, Ithaque ou Méganissi. Nous choisissons Céphalonie, la plus vaste avec dans l’idée de trouver des coins un peu plus isolés…
La légende veut que, dans l’Antiquité, pour se guérir d’un mal d’amour, on se jetait du haut du « saut de Leucade » dans la mer. Si on ne mourait pas, on était estropié et guéri de son amour. Selon la mythologie, la poétesse Sappho s’y serait tuée à cause de Phaon. Le relief accidenté et montagneux de l’île promet des panoramas époustouflants…
Plage de Poros:

Plage d’Afteli :
Baie et port de Sivota :

Plage de Porto katsiki:
Port de Nydri :
Ferry pour Meganissi/ Ithaque / céphalonie:
Cephalonie, Kéfalonia, Κεφαλονιά
Nous atteignons l’île de Céphalonie par un petit ferry en à peine deux heures. La vue de ce gros rocher planté au milieu est excitant… Arriver sur une île parfaitement inconnue est toujours un moment palpitant, les images que nous nous sommes crées tout au long de ces mois de préparation vont-ils refléter la réalité? Avec notre petite mésaventure vécue à Leucade nous aspirons à de grands espaces et de la tranquillité… L’arrivée sur le petit port de Fiskardo, si tranquille à la tombée de la nuit est un premier cadeau. Les couleurs au couchant sont juste sublimes et la descente sur la terre ferme se fait tout en douceur, pas de cohue, pas de foule… Et puis la magie opère. La route vers Sami, notre destination est jalonnée de paysages à couper le souffle. Routes escarpées qui longent la côte et qui laissent apparaître des falaises à plusieurs dizaines de mètres de hauteur ! Frissons garantis, il vaut mieux ne pas avoir le vertige ! Cependant le paysage qui s’offre à nous apaise toutes les peurs et donne envie de plonger dans la belle bleue.
Comme sur Leucade, l’île de Céphalonie est une île montagneuse, verte, essentiellement couverte de pins. D’une superficie de 935m2, c’est la plus grande des îles ioniennes. Les côtes sont escarpées et des criques plus belles les unes que les autres s’offrent à nous. La journée se rythme par des baignades improvisées au hasard des chemins empruntés… L’eau est cristalline, à une température plus qu’agréable et le farniente s’impose ! Par contre peu de plages de sable, les galets ou petits cailloux feront l’affaire pour remplacer les jeux de plage…
Seul petit bémol, les villages manquent de charme. L’île a subit un violent séisme en 1953 et la majorité des villages de l’île ont été détruits…Si vous recherchez le charme des villages grecs blanchis à la chaux passez votre chemin, ici on est sur des habitations d’influence italiennes! De ce côté de l’île avons choisi le camping Karavomilos situé à proximité de Sami. Très grand, bien équipé, face à la mer avec une sublime piscine pour un tout petit prix, il est très bien placé pour sillonner tout le nord de l’île. Mais le revers de la médaille est qu’il est bondé de monde en haute saison et même si les emplacements sont assez espacés il est difficile de se frayer une place à la piscine… heureusement la mer n’est jamais loin! A la fin du séjour nous avons campé au camping Argostoli, un petit terrain ombragé sans prétention situé face à une minuscule plage. Pas de charme particulier et confort sommaire mais calme et tranquillité assuré. Dans chaque camping que nous avons fait il est possible d’y louer directement des tentes, le bon plan pour les backpackers à petits budgets qui ne veulent pas s’encombrer de matériel! Nous avons sincèrement préféré le nord à la partie sud de l’île, moins verte et moins charmante…
Le joli village d’Assos situé sur une presqu’île n’a été que peu touché et il recèle le charme d’antan avec son port et ses jolies petites maisons fleuries aux influences vénitiennes.
Le lac souterrain de Melissani à cinq minutes à peine de Sami, est un lac profond de 39 mètres qui se visite en barque. La visite est vraiment rapide, à peine dix minutes pour faire juste le tour du lac.
Le village de Sami:
La plage de Myrtos:
La plage de Petani:
La plage de Xi:
Le littoral entre Argostoli et Katavothres:
La plage de Platis gialos:
La capitale Argostoli est une petite bourgade qui contraste avec les villages environnants. Ici pas de place pour se garer c’est la cohue! Le centre ville possède une immense et jolie rue piétonne bordée de magasins en tous genres, le port est jonché de petits bateaux proposant des excursions autour de l’île, bref il est agréable d’y flâner quelques heures ou de s’attabler dans l’une de ses nombreuses tavernes. Un petit ferry relie la ville d’Argostoli à la ville de Lixouri située juste en face en à peine vingt minutes. 15 euros à peine pour un véhicule + les occupants, ce ferry nous fait gagner un temps considérable si l’on décide de se rendre de l’autre côté de l’île.
Port de Pessada. La seule liaison possible avec l’île de Zakynthos se fait depuis le port de Pessada. Attention, ici seul un petit amarrage de bateaux de plaisance et un quai pour le ferry font office de port! Situé dans un petit village de bord de mer il n’est qu’un simple accès à la mer et ne possède aucune infrastructure pas même une taverne, rare en Grèce! Une simple impression de bout du monde…
Nous avons réellement eu un coup de cœur pour Céphalonie! Ce sont les plus beaux paysages vus en Grèce, et nous les écumons depuis plusieurs années ces îles de rêve! Les paysages sont à couper le souffle, la couleur de l’eau est semblable aux plus beaux lagons de Polynésie, les panoramas sont nombreux et ces plages sorties de nulle part, en bas d’une falaise vertigineuse font parfois penser à des mirages… De bateau je pense que le voyage doit prendre une autre dimension, et le tour de ces îles en voilier fait immerger de nouveaux projets de voyages… Hors saison, en juin ou en septembre l’endroit doit être idéal!
Zante, Zakynthos, Ζάκυνθος
Il y a vingt ans je faisais mon premier voyage en Grèce, en Crête plus exactement. Dans un petit bureau d’agence de voyage où j’allais acheter mes billets de ferry, mon regard est attiré par une photo. Un simple poster d’une plage d’un blanc immaculé, surmontée d’une falaise vertigineuse et où est échoué un bateau tout rouillé. Je ne peux pas l’expliquer mais je suis tombée amoureuse de cet endroit à l’instant où je l’ai vu! J’ai noté ce nom étrange au dos d’un ticket de caisse, « zakynthos », et je me suis jurée qu’un jour j’irais! Vingt ans après, toujours en possession de ce ticket, je touche ce petit rêve du bout du doigt. Zakynthos me voilà, avec mon van et ma famille, la baie du naufrage me tend les bras.
Nous arrivons sur le petit port d’Agios Nikolaios (comme il y en a beaucoup en Grèce!) et continuons notre route vers un camping très calme situé à proximité de Tsilivi, village touristique sans grand intérêt. Un emplacement face à la mer, peu ou pas de voisins (à la fin du séjour nous serons seuls) nous avons trouvé la perle rare : Camping Zante.
La baie du naufrage, plage de Navagio, Ναυάγιο.
Pas de temps à perdre, première journée et nous filons directement vers le « Shipwreck point » afin de réaliser ce rêve vieux de vingt ans…Évidemment je ne suis pas la seule à en avoir l’idée, bien au contraire et c’est avec une foule compacte que nous devons nous partager ce panorama.Il faut d’abord marcher une bonne demi-heure en plein soleil avant d’atteindre le point. Une passerelle montée à cet effet est simplement embouteillée et je ne voudrais pas me gâcher l’instant… je continue donc par un petit chemin escarpé où certains touristes imprudents et désireux d’y réaliser « LE » selfie y ont trouvé la mort… Le chemin est réellement dangereux, je me contente d’une vue rapide mais la magie opère. Quelle beauté! C’est assez fou de dire qu’une épave de bateau rouillée rend un lieu aussi beau mais pourtant c’est la réalité !

Pour la petite histoire il s’agit d’un cargo grec de contrebande de cigarettes, le « panagiotis », qui s’est échoué ici le 1er octobre 1980 en raison du mauvais temps et a été abandonné par l’équipage. C’est pour moi la plus belle plage du monde.
Porto Vromi.
Ce rêve a demi accompli il me reste à l’aborder par la mer. Direction le minuscule port de « Porto Vromi » où nous prenons vers 16h le dernier bateau à destination de la baie pour à peine 15€ par personne. Bien nous en a pris, à peine une dizaine de touristes et une baie débarrassée de ces innombrables bateaux, la plage presque pour nous tout seuls…
Baie du naufrage vue d’en bas:
Une autre attraction proposée dans ce type d’excursion et la visite des grottes bleues situées à l’extrême nord de l’île, mais pour en avoir déjà beaucoup fait et vu l’ampleur du phénomène je préfère m’abstenir, la balade et la baignade improvisée le long de la côte entre la baie et porto Vromi est déjà suffisamment belle…
La plage de Gerakas.
Une des particularité de l’île de Zante est qu’elle est le lieu de reproduction de la tortue « Caretta-Caretta ». Sur la plage de Gerakas, qui est un lieu protégé (mais qui n’empêche pas des grecs d’occuper une partie de la plage et de facturer 40€ le transat!) on peut observer à la nuit tombée, entre avril et septembre, les petits œufs de tortue éclore… Des gardes sont là pour protéger les nids et empêcher la foule de se presser sur la plage… Un tout petit centre en bord de route permet de sensibiliser à la protection des tortues et de la mer en général.
Ile de Marathonisi.
Nous décidons de ne pas en rester là et d’aller sur l’île de la Tortue (de par sa forme) pour les voir en vrai ces Caretta-Caretta ! Nous nous rendons sur la plage de Kéri où un bateau nous emmène sur l’île… à peine cinq minutes sur le bateau et les tortues viennent nous saluer!
Nous profitons des joies de la mer autour de l’île et admirons les magnifiques arches plantées là depuis des millénaires…
Kéri.
Une petite halte dans le joli mais minuscule village de Kéri, un peu plus haut dans les montagnes.
Panorama point.
A quelques kilomètres du village de Kéri se trouve un phare avec un panorama incroyable sur toute la côte ouest de l’île. Attention, il faut obligatoirement consommer pour pénétrer sur le site…
Zakynthos.
La ville de Zakynthos est la capitale de l’île. Il est agréable de se balader le soir le long du port et de découvrir ses petites ruelles commerçantes. Nous avons la chance de tomber sur une fête traditionnelle et de nombreux stands de nourriture locale nous tendent les bras !
En route nous traversons des villages épargnés par le tremblement de terre et qui ne manquent pas de charme…
Évidemment je ne pouvais pas passer à côtés de la gastronomie grecque… on vient principalement pour ça ! Le plaisir de la table à chaque repas avec des mets parfumés, de la viande grillée, des desserts sucrés à souhait… La Grèce est un véritable régal pour les papilles !
L’agriculture dans les îles ioniennes occupe une part très importante dans la vie des grecs. Toutes les îles sont recouvertes d’oliviers, de ruches grouillantes, de vignes… Ici on se régale de bons produits locaux à chaque coin de rue !
Nous repartons de Zakynthos par un ferry qui nous emmène à Kyllini en à peine deux heures. Tous nos billets inter îles ont été achetés sur place, un ou deux jours avant, et ce en pleine saison! De Kyllini nous roulons en direction de Patras, grande ville étape des ferry internationaux où nous attend notre bateau pour Ancône. Le retour sera très compliqué, nous n’avions pas mesuré l’ampleur du phénomène… repartir le dernier week-end d’août de ce côté de la Grèce… Nous tombons sur un bateau rempli de familles rentrant d’Italie, de Turquie… pas de place pour s’installer, nous finirons la nuit sur un escalier devant les toilettes…Autant dire que le moral n’est pas au beau fixe ! Les vingt-quatre heures de bateau ont été les plus longues de notre vie !
Le bilan de ces trois semaines sur les îles ioniennes est assez mitigé; en effet je dirais que ce sont les îles les plus contrastées que j’ai pu découvrir en Grèce.
D’influence italienne l’architecture déconcerte. Inondée de touristes italiens et des pays de l’est en août, elle parait surchargée et ne pas être prête à accueillir autant de monde. Et puis il y a les paysages… Ce sont les plus beaux que j’ai pu voir de toutes les îles grecques ! Je repars de ce voyage avec des images plein la tête mais avec une certitude, je ne reviendrais jamais de ce côté de la Grèce en août ! C’est très certainement un bout du monde à découvrir par la mer… 


Bonjour , très beau blog ! au port de Pessada vous avez pu prendre un ferry avec votre van jusqu’à Zante?
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Bonjour, désolée pour ce retard de réponse ! Oui nous avons pu prendre le ferry pour Zante à Pessada cependant nous avions acheté le billet en agence au préalable. Merci pour vos compliments sur mon blog ❤ Bon voyage !
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Bonjour,
Merci pour la qualité de l’article. On s’apprête à faire un périple identique et il y a peu d’infos aussi réalistes ! On espère quand même trouver des endroits pas trop bondés… Vous n’avez pas choisi d’aller à Corfou et Paxos, une raison particulière ?
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Bonjour Claire! Merci pour ce gentil message ! Nous sommes allés à Corfou l’année suivante et l’avons vite regretté : très peu de spots, la plupart des endroits (les plus jolis) ont été aménagés par les hôtels (plages privatisées, parkings privés…). Nous avons passé des heures à rouler avant de nous rabattre sur un camping… Nous avons réussi à dormir sur quelques parkings éloignés et sur les ports principaux de l’île. Bref nous n’en gardons absolument pas un bon souvenir. Cela étant dit nous étions en plein mois d’août, hors saison c’est forcément plus simple, car l’île est vraiment magnifique. Pour Paxos…mauvais souvenir….nous avions nos billets, avons dormi sur le port pour ne pas rater le ferry et….nous l’avons raté malgré tout. Noyés dans le flot des liaisons de bateaux nous n’avons pas vu le notre. Ecœurés par notre mauvaise expérience sur Corfou + cette malchance nous avons pris un billet pour Igoumenitsa ! Mais Paxos est à mon avis une île à ne pas rater !
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