Bahreïn, le royaume inconnu

Bahreïn est un petit royaume situé sur le golfe Persique, entre l’Arabie Saoudite et le Qatar. Tout aussi riche que ses voisins grâce au pétrole et au gaz contenu dans ses sous-sols. Il connait également une notoriété annuelle grâce à son fameux circuit de formule1. Nous arrivons donc d’Arabie Saoudite à travers les grandes autoroutes désertiques et nous décidons de faire un crochet pour découvrir cette île, si intrigante. En fait on ne sait pas grand-chose de ces petits pays qui doivent leurs richesses aux nappes de pétrole ; alors nous changeons de cap et nous nous dirigeons très simplement vers Bahreïn, être aussi proches est une véritable chance, c’est un pays que nous n’aurions sûrement pas l’occasion de visiter. En effet, le royaume est relié à l’Arabie Saoudite grâce à un simple pont. La frontière se situe sur une première île que nous traversons après avoir réglé un péage. Les formalités se font assez rapidement, contrôle des passeports, de la carte grise, et nous voici repartis sur cette route en plein milieu du golfe persique ! L’image sur le GPS est assez amusante, c’est comme si nous roulions sur l’eau.. Nous arrivons sur une deuxième île qui est quant à elle le poste frontière du royaume. Le lieu est ultra moderne, les portiques de contrôle dernier cri et nous passons les formalités assez rapidement. Nous devons prendre une assurance pour le véhicule à un comptoir dédié, sans celui-ci nous ne sommes pas autorisés à pénétrer dans le pays.

Formalités douanières en 2024 : visa à la frontière 12 €/personne, multi entrées. CPD demandé. Carte grise.  Assurance véhicule sur place.

Dès l’arrivée au poste frontière nous voyons ces fameux drives, déjà très présents en Arabie Saoudite, et ils ne vont pas arrêter de nous surprendre… Nous connaissions les drives des grandes enseignes américaines mais à Bahreïn nous allons découvrir des drives d’un autre genre : drive distributeur bancaire, drive food trucks, drive café… bref tout est à la sauce « on reste bien au chaud dans sa voiture » ! Sauf que nous allons comprendre à nos dépends l’origine de cet engouement pour les courses sans sortir de sa voiture… on cuit littéralement à l’extérieur ! Les températures avoisinent toujours les 40° (ressenti 8 000 !) et nous ne tenons pas à l’extérieur, il n’y a pas d’air, quand nous sortons d’un magasin ultra climatisé le jeu des filles est de s’exclamer « oh non ils ont encore allumé le chauffage dehors ! ». Nous comprenons donc vite pourquoi, comme au Koweït, la vie reprend en fin de journée, que les drives soient omniprésents, et pourquoi les gens ne sortent pas de leurs véhicules. Les locaux nous confirment que l’été les températures grimpent jusqu’à plus de 50°…

Nous roulons nos premiers kilomètres sur l’île en nous rendant directement dans la capitale, Manana, car le pays est vraiment petit. Même s’il est composé d’un ensemble de trente-trois îles toutes situées sur le golfe persique, l’île principale ne mesure que 707m2 et est composé de plus de 54% d’expatriés ! Bahreïn n’est indépendant que depuis 1960, avant le royaume était sous protection britannique. La capitale est jolie, nous apercevons des buildings et une skyline impressionnante, de jolis édifices comme ces mosquées resplendissantes… Nous nous baladons dans le « souk » qui est en fait un dédale de ruelles, au pied des bâtiments se mélangent des magasins en tous genre, bijouteries, vêtements, épices… On cherche le caractère authentique mais à Manama nous n’avons pas l’impression de trouver une empreinte du passé très marquée d’un point de vue architectural.

A Muharracq, le quartier le plus traditionnel de la ville, nous partons à la découverte d’une curiosité locale classée à l’Unesco qui est la route des perles. En effet, Bahreïn fut le lieu central du commerce des perles de culture et des traces de son activité sont conservées dans ce quartier pittoresque. Or, nous avons énormément de mal à nous y retrouver… les informations ne sont pas claires, nous arrivons dans un endroit cité comme le musée qui en fait ressemble à un vestige de marché couvert. Nous ne trouvons aucune information, y-a-t-il un endroit précis où nous rendre ? Nous faisons plusieurs fois le tour du quartier, nous arpentons le souk fermé à cette heure très chaude de l’après-midi mais cela ne nous mènera à rien. Avons-nous manqué de curiosité, de lucidité pour nous y retrouver ? Nous ne le saurons jamais car à 15h, en pleine chaleur, nous avons préféré abandonner et nous rendre au fort tout proche, le fort Arad.

Près du fort Arad nous nous baladons sur la corniche afin d’admirer les dhows, ces bateaux traditionnels en bois qui ont également servis aux pêcheurs de perles. Le coin est joli, plus calme que dans le centre-ville mais c’est néanmoins dans un mall où nous atterrissons, la chaleur est réellement insupportable.

Nous avons essayé de visiter la ferme royale de dromadaires mais à notre passage elle était fermée, idem pour le circuit qui quant à lui se préparait pour sa grande course, les 8h de Bahreïn, inspirée des 24h du Mans (et c’est écrit sur les affiches !). Alors nous décidons de trouver une plage, nous avons chaud et nous n’aspirons qu’à une chose, c’est nous baigner ! Nous allons vite déchanter, le pays est très conservateur et des panneaux rappelant la bonne tenue à suivre sont disséminés un peu partout dans la ville : pas de short, pas de robe, pas de débardeur, pas de marque d’affection… Même si nous sommes habitués et que nous nous sommes toujours adaptés, nous ressentons ici une pression plus forte. Et dans les rares plages publiques de la capitale nous n’osons pas nous baigner… Nous filons donc au sud de l’île vers une autre plage publique payante aménagée où nous pourrons enfin goûter à la mer… chaude. La plage est superbe, le sable est blanc, l’eau est turquoise mais tout est en cours d’aménagement et c’est au milieu de grues, de palissades et de bruits de chantiers que nous allons prendre un bain de fraîcheur… ou presque.

Il fait vraiment chaud, nous allons nous réfugier dans les mall afin de faire l’école la journée et nous goûtons aux soirées un peu plus « aérées » car malgré tout, la chaleur est omniprésente. Le long des plages nous trouvons un Bahreïn plus populaire, avec les fameux food trucks drives qui ne manqueront pas de nous amuser ! Aires de jeux gonflables, quad, les filles s’en donnent à cœur joie et dépensent enfin l’énergie accumulée de la journée.

Nous quittons assez rapidement Bahreïn, nous n’avons pas été séduits, nous avons le sentiment de ne pas être à notre place ici en camion aménagé, et malgré l’accueil toujours aussi chaleureux de la population, nous empruntons la route du retour, sans regrets.

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