Koweït, jolie découverte

Lorsque nous approchons de la frontière avec le Koweït, près de Bassorah en Irak, c’est un tout nouveau spectacle qui s’offre à nous : des panneaux lumineux, des palmiers, de longs panneaux publicitaires ventant la beauté et les atouts de Bassorah, et surtout un festival de led : sur les arbres, les murs, les bâtiments.. On sent à quel point la volonté du gouvernement est d’en mettre plein les yeux aux visiteurs.. mais ce n’est vraiment pas la réalité du pays !

Nous arrivons donc à ce poste frontière qui se révélera aussi archaïque que le reste du pays. Pas de bâtiment rutilant, ici ce sont de petites constructions, vétustes, et les militaires qui représentent les officiels ne parlent pas un mot d’anglais. Nous sommes ballotés de cahute en cahute sans jamais rien comprendre à ce que l’on nous demande. Ici des « fixeurs » attendent patiemment qu’un touriste craque et fassent appel à leurs services. Ce que nous finirons par faire au bout d’une heure, nous ne comprenons rien à leur système qui je pense, et volontairement désorganisé. En effet ce ce système de fixeur est dans une boucle de corruption et l’argent récolté finit en parti dans les poches des chefs.. il nous aura délesté de plus de vingt trois dollars.

=> 20 USD de…on ne saura jamais + 3USD d’on ne sait toujours pas + fixeur (on a donné un billet de 10€ nous n’avions plus rien)

Le passage au Koweït c’est le jour et la nuit. Ici on ne rigole pas, bâtiments flambants neufs, uniformes officiels impeccables, tout est organisé, passeport, carte grise et même le CPD (carnet de passage en douane) est demandé ! Une première ! Nous voici donc au Koweït, ce pays sur qui nous ne savons rien, qui résonne en nous comme le pays du pétrole et de la guerre. Drôles d’à priori.

=> 9USD / pers visa + 3USD de scanner véhicule. Attention seulement USD ou monnaie du Koweït. CPD demandé, pas d’assurance voiture.

Nous avons passé la frontière tard, à presque vingt et une heure, nous avions donc prévu de nous arrêter dormir à l’entrée du pays…bien mal nous en a pris.. il n’y a absolument rien. Rien, que du désert, une route et du désert ! Nous roulons pendant des kilomètres et finalement, à l’entrée de la capitale nous finissons par nous écrouler de sommeil sur le parking d’une résidence, bien à l’abri sous les palmiers. Le réveil est difficile, la chaleur est encore plus écrasante qu’en Irak, on frôle les 39°, et l’on sent que les journées vont êtres difficiles.. Nous décidons de nous rendre dans un mall, ces gigantesques centres commerciaux inspirés des américains où la climatisation nous fera le plus grand bien ! Je ne pensais vraiment pas dire ça un jour mais la chaleur dans le camion est tellement suffocante que c’est le seul endroit où nous respirons.. Cela deviendra donc notre habitude journalière, nous rendre au mall, au « food court » (l’étage des restaurants fast food où il y a beaucoup de tables) afin de faire l’école au calme et au frais pour les filles. C’est juste inimaginable de travailler dans le camion ou même dehors à l’ombre, nous atteignons les 45°. Par contre il y fait tellement froid que nous devons nous équiper de gilets polaires, la bonne blague ! Nous nous rendons à « The Avenues », le plus grand mall du Koweït avec ses un kilomètre de long, il comprend plus de 1 400 magasins, un parking pour 17 000 voitures et mesure.. 1 200 000m2. La démesure.

Vers 18h, lorsque la chaleur est retombée nous partons à la découverte du centre ville. Le Koweït est un tout petit pays qui est essentiellement représenté par sa capitale, Koweït city. En dehors de cette ville tout n’est que désert (de la frontière irakienne à la capitale nous avons parcouru 2h de route désertique avec juste quelques villages). La première chose qui saute aux yeux est cette ligne incommensurable de buildings. La skyline est impressionnante, les bâtiments sont plus beaux les uns que les autres, ils côtoient les mosquées au style oriental toujours bien présent, notre première impression est très bonne ! Le « old town » est situé près de la grande mosquée où nous nous garons facilement. Un souk est à proximité et nous prenons plaisir à flâner dans ces rues extrêmement propres et bien organisées. Nous sommes en admiration devant la tenue traditionnelle portée par tous les habitants sans exception. En effet, la tenue portée par les hommes dans les pays arabes et musulmans est un habit conservateur qui couvre la quasi totalité du corps tout en répondant aux besoins de confort et de fraîcheur dans les climats chauds et secs. A l’origine il était porté par les bédouins. Elle est composée du dutra (ou keffieh), carré de tissu blanc qui couvre la tête resserré par une cordelette noire, et le dishdasha, appelé aussi Qamis, sorte de longue tunique blanche qui arrive aux chevilles. Les femmes quant à elles portent l’Abaya, longue robe noire ample qui couvre l’intégralité du corps, visage y compris. Seul un rectangle laisse les yeux apparaître, pour certaines il est même complètement occulté par un tissu noir (communément appelé burka en occident). Nous n’avions pas vu ces tenues en Irak.

Nous passons notre première nuit en pleine mer.. afin de bénéficier d’une vue exceptionnelle nous empruntons un pont qui relie la capitale à une rive située en face et nous nous arrêtons en plein milieu, sur un immense parking. La vue est juste dingue, nous y passerons deux nuits !

Nous rencontrons énormément d’expatriés à Koweit city, les salaires, les conditions de vie, le climat font que ce petit pays attire énormément d’étrangers. Nous aurons même l’occasion de déjeuner en compagnie d’expatriés belges, amis de la belle famille dans un restaurant traditionnel arabe de la vieille ville, régal des yeux et des papilles !

La balade dans la ville est très agréable, nous découvrons ces innombrables boutiques de parfum, ces souks de l’or, ces épices.. ici la tradition et la modernité font bon ménage, le résultat est vraiment bien fait, les constructions modernes côtoient les bâtiments anciens. Ayant commandé la boisson locale nous aurons la surprise de découvrir le café arabe, un café extrêmement léger au goût de cardamone! Pas de doute, nous sommes en Arabie !

La chaleur est telle que nous rêvons d’un bon bain de mer, elle est omniprésente et malheureusement nous découvrons que la baignade ne fait pas partie de la culture locale.. Tout le bord de mer est bétonné et lorsque la plage est dégagée, des panneaux mentionnant l’interdiction de baignade sont installés. Seules des plages privées sont accessibles comme celles du Hilton par exemple mais à des tarifs exorbitants. Nous dégoulinons de chaleur et nous décidons d’aller nous baigner malgré tout.. Je me baigne habillée afin de ne pas choquer mais à cette heure de l’après-midi la plage est vide, et lorsque nous pénétrons dans l’eau la température élevée nous saisie ! Nous ne sommes absolument pas rafraîchis, elle est trop chaude !

Mon petit plaisir quand je voyage et de découvrir les produits locaux, les spécialités culinaires, les choses que nous n’aurions pas chez nous qui font parties de la culture locale, et c’est dans les petits supermarchés que je trouve des curiosités, mais aussi d’anciens produits (comme le Tang!). Evidemment les dattes sont omniprésentes et dans les rayons il y a énormément de produits indiens ou sri lankais; en effet une population immigrée est très présente dans toute la péninsule arabique qui sert de « petites mains », et celle ci vient des pays alentours : Inde, Sri Lanka, Bangladesh, Philippines.. Leur situation est parfois préoccupante car des dérives existent, et on parle même d’esclavage moderne dans certains cas.. C’est une situation normale de croiser dans la ville une famille Koweïtienne avec sa propre nurse asiatique qui gère les enfants, pendant que la famille se balade. Certaines portent même le sac à main dans la poussette. L’image est assez perturbante dans nos yeux d’occidentaux.

Nous décidons de reprendre la route vers l’Arabie saoudite, le Koweït étant tout petit il n’y a pas de villages, ou de lieux qui nous permettraient d’y passer plus de temps…nous nous arrêtons néanmoins dans une nouvelle ville balnéaire au sud, à Al Khiran, qui a pour objectif de devenir le « must » du Koweït. Cette ville ressemble à la palme de Dubaï avec ses villas individuelles ayant toutes accès à la mer, et où les gens se déplacent en bateau même jusqu’au centre commercial qui est équipé pour.. nous trouvons néanmoins un petit coin tranquille, juste à côté des « campeurs » locaux, tous équipés de campings cars ultra modernes ou de caravanes, souvent accompagnés d’un jet ski ou d’un bateau derrière leur 4×4.. la démesure.. encore.. Ici encore la mer est belle mais si chaude !

Nous quittons le pays avec le sourire, nous avons aimé découvrir ce pays que nous n’avions pas prévu de traverser, nous avons été agréablement surpris par la douceur de vivre, par la gentillesse de ses habitants qui venaient systématiquement à notre rencontre. Nous aurions préféré être un peu plus « préparés » afin de ne rien manquer mais c’est ainsi, c’est le voyage ! Nous n’avions pas de carte sim locale pour le téléphone, donc pas d’internet, il nous était très difficile de nous connecter et de pouvoir fouiner des bons plans de visite. Simplement car nous ne voulions pas payer juste pour quelques jours. Le Koweït est, malgré sa chaleur suffocante, notre premier coup de cœur du voyage.

L’Arabie Saoudite se dessine tout doucement, encore quelques kilomètres et nous entrons dans ce pays, aventure encore inimaginable il y a à peine dix ans.

One Reply to “”

  1. Coucou la famille,

    On espère que vous allez bien ?! On imagine que Oui !!

    On se nourrit des récits et des photos de Nancy 🤩

    On pense bien à vous 4.

    Biz des PRÉVOST

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